Graffiti rouge...

 

C'était en des temps qui n'avaient de futur que le passé oublié. Quelquepart, dans une cité ravagée par la haine débile de quelques disciples endoctrinés par des gurus mégalomanes. En un lieu où le sifflement des bombes remplacait le chant des volatiles. Là, au milieu de ce macadam grisonnant de poussières napalmées, il errait furtivement afin de leur échapper...

 

C'était un rebelle de la pire espèce. Vous savez, de ceux qui osent penser que la mort de tous ces mioches créchant au fond des ruelles est inutile et absurde. De ceux qui osent prôner la disparition des dogmes crapuleux, meurtriers et divins. De ceux qui osent revendiquer des principes aussi insensés qu'utopistes. "La Terre doit appartenir à tous...". "Tous les hommes devraient être égaux..." Je vous le dis, un véritable putois de révolutionnaire aux idées malveillantes ne voulant qu'abattre les balises bienfaitrices érigées par les valeureux dictateurs et prédicateurs de la Noire Cité...

 

La rumeur lancée par quelques scribouilleurs médiatiques de la classe dominatrice et gouverne-mentale laissait même à entendre qu'il avait commis la pire de toutes les pires insultes qui se puissent être à l'égard de l'intelligentzia bureaucratique et névrosée. Eh oui, il avait osé prononcer ces mots dont l'odieuse portée n'avait d'égal que l'affront suprême. "Vivre devrait rimer avec Libre". Non, mais quelle immoralité...

 

Alors ils s'étaient tous liguée contre l'intrus et depuis trois jours lui donnaient la chasse. La richesse promise à celui qui ramènerait la tête de ce gibier de potence n'était rien comparée aux honneurs que l'on ferait à ce sauveur du mortel mode de vie systémisé. Car, il faut le comprendre, que ferait donc tous ces individus s'ils ne pouvaient plus s'acharner à trucider les autres du camp ennemi...Depuis trois jours, toute l'artillerie obèse roulait sur les pavés nidifiés pendant que les tireurs fous et vampiriques ((comprendre assoiffés de sang)) tentaient de LE découvrir...

 

Depuis trois jours, il essayait en vain de trouver l'issue existentielle pour enfin s'extirper de ce cauchemar urbanisé, militarisé et évangélisé. Il était épuisé de cette course démente, de ce rôle de fugitif. Il s'était arrêté quelques instants s'appuyant sur ce mur perforé résultat de l'amusement d'artificiers d'obus dévastateurs.

"Il est là !!!" "Crève sale poète !!!"

 

"BANG !!!!"

 

.....

 

Le jeune garçon tenant fermement la main de son père regarde le mur devant eux.

"Regarde Papa, là sur le mur..."

"Oui mon fils, que vois-tu ???"

"Un graffiti rouge..."

Papemich @2002

 

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